J'essaye de prendre mon mal en patience


Témoignage anonyme du Benin

Bonsoir, Je suis béninoise, Je suis élève, j’ai 21ans, Je suis bi.

Quand mes parents ont appris que j’étais bi, ils étaient furieux jusqu’au point où ils m’ont bastonnée, renvoyée de la maison, et m’ont coupée  la scolarité tout. Mais j’ai voulu faire comprendre à mes parents que je n’ai pas choisis mais ils ne veulent pas comprendre, donc j’ai dû laisser le temps pour qu’ils puissent revenir sur leur décision. Ils n’étaient pas d’accord, ils disent que c’est le sacrilège, ce n’est pas permis, qu’on en fait pas ça et que c’est une abomination, bon chacun a donné son avis, ils n’étaient pas d’accord et qu’on ne fait pas ça dans leur famille. Et que ce n’est pas moi qui vais amener ça dans leur famille, 

jusqu’au point où mon papa m’a renié et que moi je ne suis plus sa fille, quand il mourra de ne pas venir à son enterrement.

Ah il a raconté des choses horribles. Oui oui, jusqu’au point où j’ai quitté la maison.

Bon comme j’étais dans la tension, j’ai voulu faire comprendre à mes parents, mais ils n’ont pas voulu, surtout le vieux a été catégorique sur sa décision et n’a jamais voulu qu’on parle de ça. J’ai une amie, elle aussi elle est dans le domaine[1], et c’est elle qui m’a hébergée chez elle jusqu’au point où je trouve quelque chose à faire pour pouvoir subvenir à mes besoins, et depuis lors, je suis avec elle.

 

[1] Dans le domaine: un code locale pour parler du lesbianisme

 

 

J’ai certaines amies qui ne sont pas dans le domaine, qui jugent mon style d’habillement, mon comportement et me voit comme un garçon, et ils me voient mal quoi, mais moi… et ils me suivent parfois même publiquement. Que de changer, qu’est-ce que cela veut dire, mais bon… Je ne réplique pas comme ça parce qu’ils ne pourront pas comprendre en fait, donc j’essaye de prendre mon mal en patience et de leurs faire comprendre que je n’ai pas choisi et que bon, c’est comme ça et que c’est ma vie. Et que le destin a voulu faire comme ça. 

Une de mes amies était dans la même situation jusqu’au point où sa maman lui a interdit de sortir, elle est tout le temps enfermée dans la chambre, même pour aller au marché, elle a un garde du corps, des trucs comme ça. Elle est souvent poursuivit et tout. Et elle n’est pas à l’aise dans ses mouvements, même son téléphone est sur écoute, elle n’est pas à l’aise jusqu’au point où la maman lui demande ce dont elle a besoin pour pouvoir être bi ou bien pour pouvoir se retrouver dans ce cas, et que la maman veut comprendre parce que sa fille à tout à sa disposition mais qu’elle ne comprend pas l’orientation de sa fille. 

Bon j’ai essayé de dire à la maman qu’elle ne peut pas choisir pour sa fille et que sa fille est libre de choisir de temps puisque nous sommes dans un pays de droit, chacun est libre de faire ce qu’il veut. Que ça soit bon ou pas la personne est responsable de ses actes. Et que d’essayer d’accepter le choix de son enfant et de l’aider à vivre mieux son orientation.

Moi j’essaye au moins de communiquer à mes proches, à mes amiEs de classe, de changer leurs comportement, de mieux se comporter dans la société et n’importe où ils soient pour pouvoir être acceptéE, et surtout les lesbiennes de changer de comportements et d’être bien vues dans la société. 

Pour que chacun puisse être libre dans ses choix et ne plus avoir peur, genre on ne veut plus être jugées quoi, par le choix, on veut être libre.

Je demande aux partenaires  d’essayer de jeter souvent un regard bienveillant sur nous, de nous aider à être plus à l’aise dans notre domaine, de ne plus avoir peur et de sensibiliser la population sur l’orientation de chacun et sur le sexe aussi. Pour que chacun puisse être libre dans ses choix et ne plus avoir peur, genre on ne veut plus être jugées quoi, par le choix, on veut être libre.

 Aux femmes violentée, bon moi je vais leur dire de prendre leur mal en patience et que avec le temps, leurs  parents vont comprendre leur décision et que de donner un peu de temps à chacun, mais d’être fières de ce qu’elles ont et de ne pas avoir honte de ce qu’elles sont.

Xonanji